Le secret des rêves est dans les archives.
Retiens la nuit…
Les archives sont le plus grand conservatoire de rêves au monde, un gisement inépuisable de récits griffonnés en hâte au petit matin, témoignage de cette étrange nécessité de ne rien perdre de nos songes.
Des récits fantômes de Philippe Soupault aux fantômes de rêves d’Hervé Guibert, des grands vides ménagés sur la page de Maurice Roche à l’intensité tragique des rêves concentrationnaires de Jean Cayrol, des récits hâtivement transcrits au petit matin par Jacques Derrida ou Beatrix Beck aux longues et soigneuses dactylographies de Louis Althusser ou aux rêves relevés par l’anthropologue Georges Devereux, sans parler des graphes, des dessins, des collages, l’exposition Fragments du rêve montre que la matière des songes est faite d’encre et de papier.
Une autre matière cherche sans fin à donner forme au rêve, c’est le film, au point qu’on ne saurait plus dire si le rêve a engendré le film, ou si le film réinvente chaque nuit l’écriture de nos rêves.
C’est pourquoi, en partenariat avec le Centre Pompidou, l’exposition montrera, de Maya Deren à Joseph Cornell, quelques chefs- d’oeuvre des collections du Musée national d’art moderne qui font paraître, par éclats, cet « ombilic du rêve » qui nous hante.
Une exposition de Claire Paulhan.
Du mercredi au dimanche, de 14 h à 18 h.
Visites commentées gratuites les samedis et dimanches à 16 h.
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Historienne de la littérature, spécialiste du XXe siècle, Claire Paulhan a travaillé à l’Imec de 1993 à 2018. Elle a fondé en 1997 la maison d’édition qui porte son nom, dédiée à la littérature autobiographique inédite : journaux intimes, correspondances et témoignages d’écrivains, souvent liés à la Grande Guerre et à la Seconde Guerre mondiale.
Abbaye d'Ardenne
Chemin de Saint-Germain,
14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe